24 octobre 2008

Le bouc émissaire ne meurt jamais...

Une pensée du jour plutôt sombre...

Comme tous les jours, je fais mon tour d'horizon des journaux, magazines (et autres torchons malheureusement) de la presse d'ici et d'ailleurs et sous certains (la plupart en fait) aspects nous ne nous arrangeons pas, loin s'en faut.

Quand je parle de bouc émissaire, je prends évidemment l'expression au sens large.

En réfléchissant à tout cela, je me dis que nous choisissons notre bouc émissaire parce qu'il nous renvoie une part de nous-mêmes que l'on déteste tant et qui nous blesse profondément au point que nous cherchons à voir une autre personne souffrir en miroir de ce que nous méritons. Ne pas procéder ainsi revient à vivre avec une nausée dont la cause n'est autre que soi-même. Alors, où trouver l'acceptation de nos erreurs et errements ?

J'ai beau triturer ma mémoire au point de changer mon cerveau en une fange crasseuse, je ne connais pas de personne censée qui n'ait eu un coup de folie, ni de personne cataloguée «folle» qui n'ait eu un moment de lucidité, aussi fugace soit-il.


Nous cherchons à expurger nos propres défaillances sur autrui ou sur une entité que l'on oppose à notre groupe de référence. Une société va sortir un cadavre du placard et fait endosser la responsabilité du «meurtre» à une victime plus ou moins désignée d'office et/ou consentante. Notre réaction à tout cela ? Croire bien gentiment à un tissu de mensonge car cela ferait éclater au grand jour nos secrets les plus sombres.

Cela existe depuis toujours mais le phénomène s'est accentué ces dernières années voir même magnifié puis banalisé. Nous rougissons à la vue d'une oeuvre d'art un tant soit peu provocatrice et nous ne nous choquons pas plus que cela lorsque nous entendons parler de faits liés au Happy Slapping, un violence rendue ordinaire et guillerette...

Si ces actes sont portés à la connaissance du public et jugés, les fautifs et les familles de ces derniers rétorqueront systématiquement que la faute en revient à la pression du groupe et à l'influence néfaste des médias.

D'aussi loin que je puisse me souvenir, j'ai vu quantité de choses violentes dans ma vie qui m'ont plus ou moins affectée, j'ai grandi dans un milieu masculin assez rude dans lequel montrer ses sentiments était plutôt à éviter, mais je n'ai jamais ressenti le besoin de me défouler, de décompresser avec une telle violence.

Je n'ai pas été un ange, loin de là, mais jamais je n'ai voulu faire revêtir la responsabilité de mes actes à qui ou quoi que ce soit.

Je crois sincèrement qu'il y a des choses que jamais je ne pourrai comprendre en ce monde. J'ai beau essayer de passer mes idées au mixer, de tenter de faire preuve d'empathie, de compréhension, en ce qui concerne ce sujet précis, je n'y parviens pas. Il me plaît de croire que je ne suis pas la seule plutôt que de me lamenter en me disant que je ne suis pas faite pour cette époque.

Posté par Bulle de poison à 16:15 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le bouc émissaire ne meurt jamais...

    merci pour le commentaire
    je n'écris pas, ni ne lis beaucoup
    mais j'essaie de m'exprimer au travers des couleurs et des formes de la nature autour de moi
    bienvenue

    Posté par oeilquipousse, 24 octobre 2008 à 19:12 | | Répondre
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